Arts & Culture

Données post-mortem : y a-t-il une vie numérique après la mort ?

Location

Bibliothèque Part-Dieu, 30 Bd Marius Vivier Merle, 69003 Lyon

Description

L’essor des services liés à la dead tech (gestion successorale des données numériques) et à la grief tech (outils pour les endeuillés, comme les mémoriaux virtuels ou deadbots) soulève des enjeux juridiques et éthiques autour de l’héritage numérique. Depuis les années 1990, le numérique a transformé les pratiques funéraires, passant des cimetières en ligne aux réseaux sociaux et à l’IA, avec des promesses d’immortalité numérique souvent associées à un Internet perçu comme éternel. En France, la loi Informatique et libertés permet aux individus de définir des directives post-mortem pour leurs données, au cas par cas, directement auprès des services numériques, ou plus générales, à la manière d’un testament. Les héritiers peuvent accéder à certaines données ou clôturer des comptes Au-delà du cadre légal, le marché propose des services variés, des mémoriaux en ligne aux agents conversationnels - deadbots - reproduisant la voix ou l’image des défunts via l’IA, posant des questions éthiques. Cependant, la fragilité des infrastructures numériques (fermetures de services, pertes de mots de passe) rappelle la matérialité de ces données, pouvant provoquer une « seconde perte » pour les proches. Entre archivage, mémoire et éthique, la gestion des données post-mortem interroge notre rapport à la mort, mêlant droit, technologie et philosophie. Au cours de cette conférence Régis Chatellier, chercheur en charge de l’innovation et de la prospective au LINC, Laboratoire d’Innovation Numérique de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) présentera l’état de la connaissance sur les enjeux juridiques et éthiques de l’héritage numérique et des données post-mortem.

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