Cette réflexion sur des propositions artistiques pour la Paix connait un prolongement à la fin de la vie de Robert Filliou lorsque celui-ci se retire au monastère bouddhiste de Chanteloube et s'investit dans un projet de « Biennale pour la paix » (1985-1986) et d' « Artistes dans l'espace » (1983). Elle le hante jusqu'à sa mort, comme en témoignent les lettres envoyées peu avant 1987 où il élabore une pensée sur le rôle des artistes dans l'explosion de « Bombes de la Paix ». La poésie est le lieu de ce paradoxe, de cette lutte pour l'harmonie qui fait que nous sommes « à la fois parfaits et perfectibles ». La connaissance de certains épisodes de la vie de l'artiste (notamment son parcours de résistant et sa quête spirituelle) est cruciale pour comprendre cette poétique. Le portfolio exposé à la Bibliothèque donne l'opportunité de déployer toutes les dimensions d'une œuvre profondément généreuse.