Beethoven, Quatuors à cordes 6 et 15
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Aux musiciens du Quatuor Schuppanzigh qui se plaignaient de la difficulté de son Septième Quatuor, Beethoven aurait répliqué : «Mais qu’ai-je à faire de vos misérables archets quand l’esprit me visite ?» Dès les six premiers, où il s’empare de l’héritage de Mozart et Haydn, Beethoven lutta pour atteindre une perfection dont il avait l’impression qu’elle lui échappait sans cesse. Le chemin parcouru entre cet opus 18 composé à 28 ans et les cinq derniers quatuors est colossal, pavé de coups de génie, de remises en question, d’innovations fulgurantes. Beethoven y met énormément de lui-même, avec un sommet dans la «Cavatine» du Treizième Quatuor, son morceau le plus pathétique. Ce quatuor sera couronné par son finale d’origine, cette Grande Fugue que Beethoven détacha ensuite pour lui substituer un mouvement aux dimensions plus normales. Un temps fort parmi d’autres dans cette intégrale qui fera date.